vendredi 12 juin 2009

Un jour à la dune qui chante ...



Il était une fois au kilomètre 44 de la route de Nouadhibou, une dune qui chantait...
Vous vous direz probablement tout comme moi : quelle est donc encore cette invention farfelue ?!!!
Détrompez-vous bonnes gens, l'histoire est vraie.
Mon ami Lemjed, un sage de Nouadhibou, possède un kheima (tente mauritanienne) à quelques dizaines de kilomètres de Nouadhibou sur la route de Boulanouar.
Il m'a proposé il y a quelques semaines, d'aller y passer du temps pour vivre dans le désert, à la mauritanienne.
Nous voici donc partis, avec des vivres pour nourrir un régiment, vers les premières dunes à la sortie de Nouadhibou... peu à peu les habitations en dur se raréfient puis c'est le sable, les roches calcaires, les tentes et les chameaux qui se prélassent au milieu de la route!
Une fois bien arrivés sous la kheima, après au moins 3 fois 3 verres d'ataye (thé à la menthe), un bon repas, une sieste, une séance de mots fléchés et un bouquin ... nous repartons en direction de la fameuse dune qui chante pour ... la faire chanter et profiter du coucher de soleil.
Au pied de la dune, Lemjed me couvre d'une lourde cape marocaine en laine qui est beaucoup trop longue pour moi. Il y a beaucoup de vent là-haut et le froid arrive vite dans le désert, me dit-il. J'accepte bon gré mal gré et ne cesse de me prendre les pieds dans la cape pendant toute la montée. Le sable est très mou et le vent rugit. Nous escaladons la dune par la pente douce.
Une fois en haut et après une petite pause pour admirer le paysage, Lemjed m'explique : en desecendant tout doucement et surtout en gardant ses pieds dans le sable à chaque pas, la dune chantera. Je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre alors je le suis et nous commençons à descendre. Premier mètre rien...deuxième mètre, toujours rien...puis peu à peu il semble qu'un grondement sourd parvient à nos oreilles, le bruit s'intensifie pour enfin être ressenti jusque sous nos pieds. On croirait une avanlanche lente et paisible...
Ca ne dure pas très longtemps, mais l'expérience vaut vraiment le détour, surtout quand elle s'accompagne du coucher de soleil rouge, de méchoui et de kandria (thé à la menthe au lait de chamelle).
Il paraitrait que seules une centaine de dunes au monde peuvent chanter ainsi...

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